23 08 | 2017

Interstellar - Wormhole Xtreme

Rédigé par Samaël

Classé dans : Cinéma

Vu au cinéma en VOSTFR le 28 novembre 2014

tl;dr[1] : La plus grosse claque de 2014, à ne pas manquer


En surface:

La Terre, qui a vu naître l'humanité, a décidé de se retourner contre elle en l'affamant jusqu'à sa probable disparition futur. Veuf, Cooper élève, tant bien que mal, ses deux enfants, Tom et Murphy, avec leur grand-père maternel et, comme tout le monde, cultive du maïs en espérant une année prochaine meilleure. Mais avant d'être agriculteur Cooper était astronome et il va avoir l'occasion de remonter dans une navette pour essayer de trouver une nouvelle planète à ce qui reste de l’humanité …


/!\ Section divulgâcheur /!\

En profondeur:

Je vais être clair d'entrée, Interstellar m'a mis une claque comme je n'en avais plus eu depuis très longtemps au cinéma. Je suis complètement rentré dedans, j'ai vibré, pleuré, retenu mon souffle et rien vu passer des 2h20 que dure le film, si ça ce n'est pas la preuve que le temps est relatif ! Je suis la carrière de Nolan depuis Memento et il ne m'a jamais déçu, nous offrant à chaque fois des petits bijoux mais là, il a clairement réalisé une œuvre majeure, si ce n'est le joyau de sa carrière !


Interstellar est une histoire superbe, où le voyage interstellaire n'est qu'une excuse pour nous parler de l'Humanité, de son instinct de survie, de ses peurs, de sa capacité d'extinction et surtout de l'amour qui la caractérise plus que tout autre chose. Il y a des effets spéciaux bien sûr, réalisés à la perfection, mais ils ne sont là que pour servir l'histoire, aider l'imaginaire à planter un décor et matérialiser certains concepts obscurs, c'est le cas de le dire, comme les trous noirs. Ils ne sont que l'illustration de l'histoire et en aucun cas la raison, Michael Bay si tu nous lis ...

Les spécialistes en la matière trouveront certainement une pléthore d'invraisemblances scientifiques, comme le processus de cryogénisation par exemple, mais au final cela n'a que peu d'importance car ici la science n'est qu'un moyen de parler de l'humanité et non une fin en soit. On pardonnera donc aisément les facilités prisent par le scénario dans ce domaine.


Autre point à côté duquel on ne peut pas passer : la musique. Présente pendant tout le film, c'est à n'en pas douter un pilier majeur de cette œuvre. Tout comme des scènes cultes du cinéma telles que l'assaut de l'armée états-unienne sur La chevauchée des Walkyries dans Apocalypse Now ou Ainsi parlait Zarathoustra dans 2001 l'Odyssée de l'espace, la musique est présente frontalement, elle se fait remarquer. Bien sûr, elle aussi sert magnifiquement l'histoire apportant émotion, tension ou éblouissement selon les scènes mais là où certains réalisateurs feraient le choix de doux accompagnements subtils se laissant oublier une fois entendus, Christopher Nolan choisit de marquer les esprits.

Ayant été frappé par ces notes, j'ai évidemment guetté le nom du compositeur dans le générique de fin et sans surprise elle était signée par Hans Zimmer. Ce n'est pas la première fois que je ne découvre qu'à la fin du film qu'une musique qui m'a marquée a été composée par Hans Zimmer (je pense notamment à la musique du Dernier Samouraï d'Edward Zwick), ce compositeur sait véritablement comment toucher mon cœur à travers mes oreilles !


La première partie de l'histoire est, en soit, assez classique au niveau du scénario. La présentation des personnages, de l'intensité de leurs liens affectifs et de cette Terre, qui a décidé que le parasitage de l'humanité c’était fini, passe très bien. Je me suis personnellement attaché très vite aux personnages, les acteurs sont tous excellents et la réalisation simple et efficace. Je retiendrais personnellement de cette partie la merveilleuse scène du rendez-vous "parent-prof" où Cooper se fait gentiment expliquer qu'il faut briser les espoirs des enfants sur la possibilité de quitter notre planète, notamment en rétablissant la vérité sur le "faux alunissage" d'Armstrong, afin qu'ils puissent devenir de bons pécores bien dociles.

J'ai néanmoins noté une petite incohérence : Cooper profite souvent d'une petite bière en fin de journée or j'ai du mal à imaginer que dans un monde où toutes les variétés de céréales meurent les unes après les autres, une partie de la faible production restante soit consacrée à la production d'alcool !

J'avoue également avoir pris un peu peur, lors de la confirmation que des phénomènes étranges se passent dans la chambre de Murph. J'avais envisagé deux hypothèses : le fantôme de sa mère ou l'action de petits hommes gris ; la seconde option prenant le pas sur la première lorsque l'explication par "anomalies gravitationnelles" a été confirmée. Je redoutais alors une fin avec un serrage de main avec des petits hommes gris, mais heureusement j'avais tort.

J'ai également trouvé que Cooper acceptait un peu facilement l'idée de participer à ce plan démentiel de traversée d'un trou de ver pour aller dans une autre galaxie pour chercher une nouvelle Terre ... mais bon s'il avait dit non, il n'y aurait pas eu de film et s'il avait hésité ça n'aurait que rallongé inutilement cette partie du film.

De plus, je tire mon chapeau aux designers des robots qui ont osé sortir des robots au design le plus improbable que j'aurais pu imaginé. Sérieusement, j'ai du mal à imaginer dans quelles situations ce design "tout carré" pourrait être optimal, mais bon au final dans le film ça passe et le coup des pourcentages pour les paramètres de personnalité est très bien utilisé.


Arrive ensuite le départ de Cooper avec ses adieux déchirants à sa fille, le décollage et la première partie du voyage jusqu'à Saturne et son trou de ver vers une autre galaxie. Une des choses que j'ai remarqué dès le décollage, c'est la présence d'un afro-américain dans l'équipage, tout ceux qui ont vu l'épisode Crève, Hippie, crève (s09e02) de South Park savent de quoi je parle : "Toi tu ne le sais pas encore mais t'es destiné à mourir !".

Une fois le trou de ver passé, curieusement, les transmissions ne peuvent plus passer vers la Terre alors que celles des précédentes missions passaient, étrange ... De plus l'équipage se retrouve à devoir faire un conciliabule pour décider de la marche à suivre, j'aurais pensé qu'ils auraient pris ce genre de décision avant de partir; tout comme le fait de savoir comment rejoindre une planète sans perdre des décennies, solution que Cooper, pilote de son état, devra trouver et présenter aux physiciens présents mais bon ... passons.


L'exploration de la première planète n'est pas avare en sensations fortes et en moments de stress, même si on peut se demander comment ils n'ont pas vu la vague qui leur arrivait dessus en sortant du vaisseau. On sent bien que cette planète a pour but de recadrer les choses : tout le monde ne va pas s'en tirer. Ils vont prendre des décisions stupides qui auront de lourdes conséquences pour eux mais aussi pour ceux qu'ils ont laissé sur Terre et surtout : les données envoyées par les précédentes missions peuvent induire en erreur.

La scène du retour sur l'Endurance où Cooper regarde les messages envoyés par ses enfants les 23 dernières années m'a tiré mes premières larmes. Je ne saurais dire si c'est la mise en scène, l'interprétation de McConaughey , la musique où le parfait dosage de tout ces éléments mais j'ajoute sans hésiter cette scène à ma liste des plus belles scènes du cinéma qu'il m'ait été donné de voir.

La scène suivante, lorsqu'il faut prendre la décision de la prochaine planète de destination, commence à faire émerger l'une des questions principales du film : Quelle est la vrai nature du lien d'amour tissé entre deux êtres et peut-on s'y fier ? Cette fois l'amour perdra face à la science et nos héros se dirigeront donc vers la planète du "héro" des missions Lazare : le docteur Mann.


Dès les premières images de cette planète de glace, j'ai eu le sentiments qu'il y avait baleine sous gravillon, et une fois Mann réveillé ce sentiment a été confirmé. Je ne le sentais pas ce type : trop "scientifique", froid, refusant qu'on touche aux restes de son robot et avec son histoire de surface merveilleuse ; bref ça sentait le traquenard à plein nez.

Détail qui m'a d’ailleurs interpellé à ce moment du film, lors de l'arrivé à la base de Mann, on voit un drapeau états-unien planté dans le sol. Cette petite note patriotique m'a un peu gonflé, on aurait pu espérer que dans un tel film on nous évite le couplet "les états-unis sont les seuls à sauver le monde, les autres en sont incapable". De même que l'envoie dans l'Endurance d'une équipe internationale histoire de montrer le serrage de coude de l'humanité à l'approche de sa fin aurait fait beaucoup plus de sens. Cette propagande d'éternel sauveur de l'humanité est le seul vrai reproche que je fais à ce film.

On découvre aussi à cet instant la "trahison" du professeur qui avoue juste avant de mourir qu'en l'état actuel des connaissances, son équation est insoluble. Cet aveu ne m'a pas surpris car depuis le début je soupçonnais qu'il cachait beaucoup de choses. Son attitude très paternaliste envers Murphy après le départ de Cooper et de sa fille m'avait laissé présagé quelque chose d'encore plus malsain. Je ne suis pas rentré dans le détail des scènes se passant sur Terre et qui sont pourtant très intéressantes, notamment lorsqu'on voit le fils de Cooper délibérément aveugle à la tragédie se déroulant sous ses yeux et prêt à laisser un autre de ses enfants mourir plutôt que d'accepter l'aide de sa sœur.


Pour revenir à Mann, sans surprise, on découvre ensuite que c'est un connard fini prêt à tout pour ne pas mourir seul et se cachant derrière une pseudo cause plus grande que lui : la survie de l'espèce. C'est suite à cette révélation que notre afro-américain de service va jouer son rôle en mourant connement pendant que Mann va s'enfuir comme le gros lâche qu'il est.

J'avoue sans honte que la scène suivante m'a coupé le souffle. La tension montant crescendo depuis l'agonie de Cooper et durant la poursuite pour essayer de rattraper Mann avant son arrimage à l'Endurance; on sent qu'il va se passer quelque chose d'important et les suppositions défilaient à 2000 à l'heure dans ma tête : est-ce que Mann va réussir à s'enfuir sans eux ? Est-ce qu'il va échouer et endommager le vaisseau ? L'intensité de cette séquence, sans réelle "action" des personnages, est tout bonnement époustouflante, on sent là le maître Nolan. L'explosion tuant Mann arrive avec un timing parfait, pile au milieu d'une phrase là où on ne s'y attend pas; et enfin le point d'orgue de la séquence : le rattrapage de l'Endurance qui part en vrille. Ce passage m'a scotché, on se sentirait presque plaqué sur le côté de nos sièges par la rotation du vaisseau. Quelques lignes de scripts, sublimées par une exceptionnelle mise en scène et jeu d'acteur impeccable.


Après le sauvetage du vaisseau (et le retour à la normal de notre rythme cardiaque), se met en place le dernier voyage de l'Endurance. La Terre a besoin des données d’observation depuis l'intérieur d'un trou noir, Anne Hathaway veut aller rejoindre son amoureux, bref même si le plan officiel est de n'envoyer que le robot dans le trou noir, on se doute que l'occasion est trop belle pour que Cooper (qui décide enfin de se laisser guider plus par l'amour que la science) fasse aussi le grand plongeon et nous fasse découvrir avec lui les secrets de l'univers.


Une fois l'Endurance lancé sur sa trajectoire et Cooper lâché vers le trou noir, je me trouvais dans cette état d'esprit si particulier où l'impatience de découvrir ce que le réalisateur nous a préparé se mêle à la possibilité de tout accepter sans chercher à anticiper ce qui va arriver; sentiment que j'avais déjà ressenti, entre autre, dans Le voyage de Chihiro au moment où elle descend du train, lorsqu'une boule lumineuse s'approche d'elle en rebondissant, pour moi ces instants sont l'essence de "la magie" du cinéma.

Et là, je dois avouer ne pas avoir été déçu, les dernières pièces du puzzle nous sont enfin révélées et j'ai eu l'excellente surprise de ne pas voir apparaître de petits hommes gris qui auraient, pour je ne sais qu'elle raison, décidé de sauver la race humaine. L'homme a évolué, transcendé son enveloppe physique, le temps n'est pour cette conscience supérieure qu'une dimension dans laquelle il peut se mouvoir naturellement et il a la capacité d'agir sur une force traversant les dimensions : la gravité. Certains ont peut-être crié au scandale, moi je ça me va, j'achète !

Cette séquence est de plus la parfaite illustration que de superbes effets spéciaux, parfaitement réalisés, peuvent n'être qu'un outil au service de l'histoire et non le seul intérêt d'un film. Un grand bravo aux équipes qui ont eu à imaginer et réaliser cet espace où Cooper peut se mouvoir dans le temps et l'espace. Une fois de plus le jeu de McConaughey est parfait et une immense émotion se dégage de cette séquence.


La toute dernière partie du film est aussi remplie d'émotions avec les retrouvailles de Cooper et de sa fille à présent beaucoup plus âgée que lui. Le film se terminant sur la certitude que (au moins pour un temps) l'humanité est sauve et que la plus puissante de toutes les forces est l'amour, tout est bien qui finit bien.

Mots clés : aucun

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